De nombreux maires réclament le droit de pouvoir diffuser samedi soir sur écran géant la demi-finale de la Coupe du monde de rugby entre la France et l’Angleterre. Or, seules 33 communes en France (pour 43 sites) ont reçu cette autorisation de l’IRB, la fédération internationale de rugby. Il s’agit principalement des villes-hôtes des matchs ou hébergeant une équipe du Mondial. Cette liste avait été établie début juillet et rendue publique le 2 septembre dernier. Depuis, plus de 3.000 communes auraient manifesté leur envie de retransmettre aussi des matchs sur écran géant. Certaines seraient même prêtes à payer pour obtenir l’autorisation. Jeudi, l'Association des maires de France a demandé une renégociation «dans les plus brefs délais» de la liste des villes autorisées et a saisi TF1, détenteur des droits télé du Mondial en France. «L’AMF se trompe d’interlocuteur, a répondu la chaîne à l’AFP. C'est l'IRB qui a vendu à TF1 les droits de diffusion. C’est la seule entité juridique qui a le droit de vendre ou de céder gratuitement la diffusion possible sur des grands écrans». TF1 a acheté les droits télé du mondial contre 40 millions d’euros, mais n’est pas propriétaire des images.
Rémunéré uniquement grâce à la publicité, le groupe craint que le succès de tels écrans géants ne fasse baisser son nombre de téléspectateurs. En effet, Médiamétrie ne mesure que l’audience de la télévision dans les foyers. Toutefois, précise-t-on à l’institut d’études, «en 2006, lors de la Coupe du monde de football, au mieux, seules 3 à 5% des personnes ont suivi des matchs dans un bar ou sur un écran géant». L’IRB, qui au printemps avait envisagé vendre ce service aux collectivités, propose aujourd’hui aux communes d’utiliser le fil international, celui produit par TF1 pour les chaînes étrangères, mais avec des commentaires… en anglais ! Rien n’empêche aussi les collectivités de réaliser leurs propres commentaires et animations. B.F.